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The Annual Queer Studies Easter Symposium in Mexico

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Behind the Rainbow

Queer Studies Easter Symposium

Simposio de Estudios Queer de la Pascua

Mexico City/Ciudad de México

Abstracts/Resúmenes de ponencias 2008

 

Les fondements socioculturels des rapports de pouvoir entres les sexes en région bamiléké (Ouest-Cameroun)

Achille Pinghane Yonta

Institute de Sociologie

Université de Yaoundé

Cameroun

Dans les us et coutumes bamiléké, le corps humain est divisé en deux parties qui sont attribuées à l’homme ou à la femme selon le principe : côté gauche = femme, féminin ou famille maternelle et côté droit = homme, masculin ou famille paternelle. Cette division est à la base et au fondement des rapports de pouvoir entre les sexes.

De générations en générations, ce principe de division s’est perpétué et embrasse de plus en plus tous les aspects de la vie sociale et religieuse. Dans les fondements, cette division accorde une place de choix aux femmes et fait de celles-ci les dépositaires du pouvoir traditionnel.

Dans la production de la vie sociale, et surtout favorisés par les facteurs externes (colonisation) et les facteurs internes (système de reproduction), les hommes ont développé des stratégies pour détourner ces valeurs à leur profit par des conceptions populaires (gauche = faible et droit = fort, pouvoir) de plus en plus partagées et converties en normes alors qu’elles sont en contradiction avec la conception traditionnelle.

Cette division est tellement ancrée dans le système de représentations au point où elle tente d’assigner et d’inscrire la domination masculine dans un ordre naturel, les religions judéo-chrétiennes ont largement contribué à cette logique, pourtant le contraire pourrait se démontrer. Les facteurs socioéconomiques ont favorisé le reniement de la conception traditionnelle qui a abouti à la méconnaissance et à la production d’un nouvel ordre. L’apport de la science moderne vient consolider cette division du corps en terme de pouvoir au profit du féminin. Ce pouvoir se ressent surtout par l’attachement des enfants à leurs familles maternelles, dans le processus d’acquisition de l’indépendance sociale, ce qui remet en question la patrifiliation.

En région bamiléké, en dépit des avancées féministes, une nette discrimination règne dans la division du travail et dans la répartition du pouvoir en société. Les femmes essayent de plus en plus de brusquer les normes et valeurs conçues à leur défaveur afin d’assurer une meilleure reconnaissance de leur pouvoir malgré les obstacles renouvelées.

Cette communication vise à montrer les fondements socioculturels du pouvoir entre les sexes en région bamiléké, les mécanismes de déconstruction, de restructuration et de construction d’un nouvel ordre fondé sur les croyances populaires, et les incidences sociales de ce déphasage entre les conceptions traditionnelle et populaire des rapports de pouvoir entre les sexes.

Mots – clés : division, pouvoir social, représentations sociales, genre, stratégies.

 

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